Samedi 9 mai 2009
6
09
/05
/Mai
/2009
14:09
Samedi 09 mai 2009
– Partis trop tot au beau
milieu de la nuit pour rejoindre la pointe sud de la peninsule de Boso, nous nous arretons en chemin a Umihotaru, une sorte d'aire d'autoroute sur piloris au milieu de la baie de Tokyo, sur
l'Aqualine mi-tunnel mi-pont qui relie Kawasaki a Kisarazu. La station, sans interet, consistant en de previsibles bornes de jeux et de restaurants dont on ne peut pas attendre grand
chose, est quasi deserte et offre une lointaine perspective sur Tokyo, qui apparait comme une lueur marquee vers son centre par une pointe orangee. Arrives dans un petit port de peche, nous
embarquons sur un navire dont l'equipage consiste en un vieillard experimente et jovial et de son fils plein de bonne volonte mais manifestement encore trop innocent pour prendre le relais. Mer
calme mais peu poissonneuse, je parviens a capturer sous un soleil quasi estival une quinzaine d'isaki et d'umazura. La presence de Tokyo au loin se revele a travers un fog
brunatre glissant sur la baie vers le grand large. Au retour, des pecheurs ayant vise plus profond nous offrent un panier rempli de shimagatsuo. Sur le port, au milieu d'algues etalees
pour assechement (non-identifiees, mais supposees etre du ogonori pour fabrication d'agar-agar), une vieille me sourit: "comme vous avez la peau blanche!".
Retour rapide vers Tokyo, avec pause en chemin pour deguster quelques ramen a l'oeil, ayant remporte contre un autre bateau un pari consistant a prendre le plus de poissons. Sur l'Aqualine, un
panneau indique une heure d'attente pour le parking d'Umihotaru.
Par kumicho
-
Publié dans : Journal de bord
0
Dimanche 26 avril 2009
7
26
/04
/Avr
/2009
09:36
Samedi 25 avril 2009 –
Le long de l’autoroute
Kan-Estu, les departments de Gunma et Niigata sont separes par un tunnel de 11km passant sous le pic Ichi-no-Kura. Il faut
encore une bonne heure de trajet pour rejoindre la cote de la mer du Japon, ou se trouve depuis longtemps le relais de Izumosaki, devenu un village de pecheurs retro. On y prepare notamment le
hamayaki, poissons plus ou moins entiers sur brochette cuits sur de larges feux de charbon. Nous ne trouvons pas directement l’auberge qui nous
interesse, et demandons conseil a l’accueil d’une sorte de chambre de commerce locale. La guichetiere est ravie de trouver quelqu’un a qui parler, eclate de rire en me voyant arriver mais ne pose
pas de questions indiscretes, et nous decrit succintement ce que l’on peut faire dans le coin. Le nombre de touristes a fortement decru depuis le grand tremblement de terre d’il y a 2 ans;
d’ailleurs les pecheurs locaux n’appreciaient pas trop que la seule rue du patelin soit parasitee par des intrus prenant en photo les facades en bois des habitations, et preferent proteger leur
calme. Il n’y a personne dans les rues, pas de commerces visiblement actifs, et notre hamayaki a arrete de griller la poiscaille : il est deja 11h et
tout le monde est cense vaquer. "Dommage, c'est fini pour aujourd'hui, revenez" nous dit-on.
A quelques encablures de la, le marche aux poissons de Teradomari est par contre tres actif. Il consiste en une dizaine de poissonniers accoudes les uns aux autres vendant tous plus ou
moins la meme merchandise. Nous faisons nos emplettes en prenant soin de choisir des produits locaux (en y regardant bien, quelques fruits de mer n’ont jamais connu celle du Japon mais plutot les
eaux de Sumatra ou du Chili). Un crabe zuwai-gani de taille raisonnable est acquis après degustation gratuite (demonstration reussie), ainsi que
plusieurs types de crevettes, des huites, des coquilles St-Jacques, des filets de sole et de hobo pour sashimi, deux “figues de mer” (il me semble) a
l’aspect repoussant comme il de soit mais qui accompagnent fort heureusement le sake comme nous le savons, une tentacule de poulpe de longueur 1m. Retour vers les montagnes ou se trouve notre
abri; passage par un marchand de sake isole trouve par hasard dont les deux minuscules cabots nous crient dessus avec une intensite inversement proportionnelle a leur taille lorsque nous
franchissons le palier. Nous allons passer la nuit au pied du Mont Hakkai, il s’agit donc de boire du fameux sake du Mt. Hakkai. Ce que nous faisons, tout en faisant griller une partie de nos
denrees sous le porche protege de la pluie de notre chalet.
La pluie a tombe dru toute la nuit, ce qui a peut-etre pousse plusieurs insectes a se refugier dans notre maison. Nous sommes dans une vallee encaissee le long d’une riviere de montage,
et ces machins-qui-puent-quand-on-les-ecrase et le coccinelles pullulent. Des campeurs tentent de survivre sous la pluie dans le voisinnage. Nous sommes distraits par un marcheur de montagne qui
passe devant chez nous – plus precisemment par la clochette accrochee a son sac a dos pour eloigner les ours. Nous traversons le village de Muika-Machi en coupant par les rizieres ou sont afferes
des groupes de paysans nettoyant les rigoles, vetus d’un impermeable en plastique et couverts d’un chapeau de paille conique. Passage par un onsen
onereux mais relaxant, puis retour par l’autoroute en passant a Gunma par un pate de restaurants de nouilles udon etrangement regroupes sur la face du Mt. Haruna.
Par kumicho
-
Publié dans : Journal de bord
0
Samedi 18 avril 2009
6
18
/04
/Avr
/2009
12:11
Samedi 18 avril 2009 –
Depart ce matin a 02h00 pour arriver a Numazu ou notre navire nous attend des 04h00. Quelques vieux pecheurs s’animent dans le port, a la lumiere des bateaux ou a celle de quelques
brazeros autour desquels ils se donnent du courage a la biere. Temps calme et mer plate, pendant que nous tachons veinement d’attrapper la daurade, un acolyte obese du capitaine nous prepare des
sashimi de seiche. Forme de record, nous rentrons completement bredouilles après 5 heures de veines tentatives. On nous offre une boite de shirasu,
sorte d’alevins developpes pouvant accompagner entre autres le riz.
Par kumicho
-
Publié dans : Journal de bord
0
Vendredi 10 avril 2009
5
10
/04
/Avr
/2009
17:27
Vendredi 10 avril 2009 –
La soiree commence alors que mon collegue et moi estimons etre trop fatigues pour cuisiner ce soir a la maison et qu’il serait de bon ton d’aller profiter d’une auberge servant des tripes
et autres parties du porc grilles dans une auberge de Futako-Tamagawa, non-loin de la sinister banlieue qui heberge notre societe. Presque au-dessous de la ligne de train, nous nous rendons donc
dans cet etablissement aux allures de maison particuliere, dont seul le lampion rouge a l’entrée trahit la vocation de “la ou on peut boire”. Le patron a l’age indefini n’hesite pas a repondre
aux clients “y en a plus” lorsqu’on lui passé une commande alors qu’il est trop occupe, ou bien “j’ai que deux bras”. Il faut admettre que ses grillades sont particulierement
delicieuses.
Repus et satisfaits, nous rentrons vers Sangenjaya et decidons de prendre un dernier verre dans un tachi-nomi pas cher du coin. Un couple (?) assez deprave entame la conversation avec nous alors
que nous sirotons un lemon-sour. Une femme d’age mur, assez negligee, et un homme a la dentition incomplete dans un costume approximatif. Les
questions standard fusent, a propos de moi mais s’adressant a mon collegue : “peut-il manger des legumes marines ?” “d’ou vient-il ?” auxquelles je responds moi-meme, m’attendant au baratin
habituel. Mais il s’avere que ces deux personnes ne sont pas surprises par le fait que je reponde en japonais, et postulent avec exactitude sur ma situation, tout en donnant des indices de
connaissance du monde non-japonais. Nous bavardons agreablement sans demander qui ils sont, j’apprends qu’ils vivent en concubinage, et qu’ils ont eu l’occasion dans un passé plus ou moins
lointain de vivre en Europe. Ils posent des questions precises sur mon cursus au Japon qui laisse supposer qu’ils ont ou sont impliques dans le milieu universitaire. Ils engagent des discussions
de type politique, disant que Aso est un abruti, que le tir de “missile” nord-coreen est en fait un aveu de faiblesse, discutent de la qualite des villes japonaises selon la qualite et le prix
des bars. Nous finissons nos boissons et sortons par hasard ensemble, et de nous les suivons tacitement dans un autre troquet pour continuer la conversation. L’homme a ses habitudes: il garde la
une bouteille a son nom comme l’indique le patronyme Iimori ecrit au tippex sur la bouteille. Nous continuons a deviser tout en grignottant et sirotant, il dit detester la famille imperiale et se
fecicite de pouvoir avoir avec moi cette conversation qu’il peut difficilement avoir avec des Japonais. Il dit a un moment qu’il etait un skieur professionel dans sa jeunesse, qu’il connait
Sangenjaya depuis des decennies, et que d’ailleurs tel restaurant qui est la mainenant etait la-bas jadis, etc. Nous recueillons quelques bonnes adresses. Sur le chemin du retour, la rue Chazawa
est bloquee par la police et le pompiers. Une baraque flambe dans le coin. Sur quelques centaines de metres, je compte une bonne cinquantaine de vehicules de secours.
Par kumicho
-
Publié dans : Journal de bord
0
Samedi 4 avril 2009
6
04
/04
/Avr
/2009
04:22
Par kumicho
-
Publié dans : Journal de bord
0